I want to travel the world.

Il n'y a rien de pire que de mourir avec des regrets.

Mon sourire s’étirait sur mes lèvres. Mes yeux pétillaient. Mon ami a sortit une connerie, puis deux et mes amis autour de moi ont rit. La conversation était en marche et allait de bon train, on parlait d’une ville qui était un pays du fromage pour passé à une ville où tout le monde était complètement pommé en sachant où ils habitaient pour finir par savoir pourquoi la banane devient noire. On faisait des bruits bizarres, on racontait des anecdotes, on était bien. Je regardais cette scène d’un œil distrait et le monde autour de moi tourna soudainement au ralentit. Les rires de mes amis semblèrent figés dans le temps et j’entendis leurs rires devenir lointains. Et tout d’un coup, je me suis rappelé d’un sourire, d’un rire, d’un visage. En fait, je ne l’avais jamais vraiment oublié ce visage, il avait toujours était dans un coin de ma tête ou au contraire il obscurcissait par moment toutes mes pensées. Et je me suis rappelé le bonheur que je vivais avec lui, tout les bons moments qu’on avait passé ensemble. La joie qui emplissait tout mon être lorsque je le voyais arrivé de loin. Le sourire que j’avais lorsqu’il me parlait, lorsqu’il me chuchotait à l’oreille pour me faire rire où lorsqu’il me courait après me criant qu’il allait me manger. Je me suis rappelé aussi ce soir où pour la première fois on avait dansé un slow et où j’avais passé la nuit dans ses bras. Je me suis rappelé le premier repas qu’on avait mangé ensemble, la première cigarette qu’on avait partagé. Je le connaissais depuis si longtemps, depuis que j’étais petite, il me fascinait complètement, il faisait partit de moi, il faisait partit de mon quotidien. Puis, il est partit. Comme ça. Sans rien me dire. Sans un au revoir à part un malheureux message pour me dire que c’était fini et qu’il partait dans le sud de la France. Au début je n’ai pas réalisé, puis les larmes sont montées d’elles-même, me ramenant durement à la réalité qui s’étendait sous mes yeux : il était partit. Je me suis alors levé, pour ensuite m’étaler au sol. Pitoyable. J’ai frappé du poing à l’idée de ne plus jamais le revoir. Que tout était fini. Que tout allait changé et qu’on allait sans doute me ramasser à la petite cuillère. J’étais anéantie et morte de l’intérieur, comme si plus rien n’avait de sens, comme si je n’allais jamais retrouvé mon chemin. J’avais un vide immense à la place du coeur. Un vide qui me semblait impossible à combler. Au fil des semaines, tout ce vide a été remplacer par le colère. Une colère sourde qui me disait qu’en fait, il ne m’avait jamais aimé. Que je n’étais qu’un jouet et que de là où il était, il ne se souciait même pas si j’étais anéantie. Je ne parlais plus à personne, mes amis ne me reconnaissaient pas et ne comprenaient pas que lorsqu’on a côtoyer une personne pendant plus de sept ans, on ne pouvait pas la laisser partit comme ça, sans un au revoir. C’était trop dur. Et le mot était faible. J’ai cru que j’allais tombé dans une dépression, que s’il ne me revenait pas, je plaquerais tout et que je m’en irais, loin de tout ses souvenirs, refaire ma vie où tout sera plus facile, mais j’ai fini par l’accepter. Il le fallait bien. Enfin, c’est ce que je me suis dit pour me persuader. Puis au fur et à mesure du temps, la douleur s’est fait moins vive et le sourire était revenu sur mes lèvres. Et c’est à ce moment, lorsque j’ai été entourer de tout mes amis qui me racontait des blagues plus saugrenues les unes que les autres que je me suis rendu compte que j’avais fait mon deuil. Que je l’avais laissé partir de mon coeur pour qu’il ne revienne jamais. Que maintenant c’était fini et que je pourrais avancer seule. J’étais passé par les six phases du deuil : le choc, la colère, le déni, le marchandage, la dépression puis l’acceptation. Oui, je venais juste à ce moment précis faire le deuil de mon premier vrai Amour à l’âge de dix-sept ans. Et je garderais ce moment dans ma mémoire le plus longtemps possible pour me rappelé que je ne dois rien regretter, que c’était tout de même une bonne aventure et qu’il fallait bien que je passe par là pour comprendre ce fameux truc qu’on appelle l’Amour. Que je suis bien jeune pour toutes ces conneries ! Non?
" Vous écrivez l’histoire de l’amour pur, l’histoire du deuil de l’amour pur. Il n’y a rien d’autre à écrire, n’est-ce pas. Il n’y a rien d’autre à chanter dans la vie que l’amour enfui dans la vie. Vous n’écrivez pas pour retenir. Vous écrivez comme on recueille le parfum d’une fleur vers sa mort, sans pouvoir la guérir, sans savoir enlever cette tache brune sur un pétale, comme une trace de morsure minuscule - des dents de lait, mortelles. " La part manquante, Christian Bobin.

    #Alleycat.